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Cryptos Mortes : Revue des Projets Abandonnés et Market Makers

Sur les exchanges, des centaines de zombie tokens continuent d'être cotés alors que leur dev est au point mort depuis des années. Les repos GitHub prennent la poussière, les fondateurs ont tracé vers de nouveaux projets ou sont empêtrés dans des procès avec les régulateurs, mais le carnet d'ordres, lui, tourne à plein régime. Les volumes quotidiens se comptent en millions de dollars. L'explication est simple : les market makers (MM) sont rincés soit par ce qu'il reste de la trésorerie du projet, soit directement par l'algo de l'exchange via les rebates de frais et les programmes de liquidité.

Pour les exchanges, aucun intérêt de delister. Les frais de trade continuent de tomber.

Chaque token de ce genre est une pure coquille vide, maintenue sous assistance respiratoire par les algos de algorithmic trading desks comme Wintermute, GSR ou DWF Labs. Pour un MM, ces actifs sont du pain béni : zéro pression vendeuse organique, une réactivité ultra-prévisible du retail sur les chart patterns, et zéro risque de voir débarquer une annonce produit surprise qui viendrait péter leur analyse technique.

Anatomie d'un projet zombie

Démasquer un projet rincé n'a rien de bien sorcier sur le plan technique, à condition de détacher ses yeux des charts TradingView et d'aller fouiller le backend. Premier signal : l'activité dev. Selon les metrics de Santiment et le suivi des commits, des projets comme Peercoin (PPC), Namecoin (NMC) ou Waltonchain (WTC) affichent un calme plat absolu, même si WTC a joué les prolongations grâce aux bots de grilles algos avant de finir par se faire delist proprement des gros exchanges.

Deuxième signal : la répartition du volume. Un actif vivant trade de façon organique : des spikes de volume sur les news, puis du creux en phase de range. Les zombie tokens, eux, vous dessinent une "scie" parfaite en bougies 15m ou des chandeliers en briques ultra-réguliers. C'est la signature typique des algos de wash-trading. Les bots font tourner le token en boucle entre deux ou trois wallets internes pour simuler un carnet d'ordres ultra-profond.

Troisième signal : le décorrélation totale entre Volume et On-chain activity. Vous pouvez avoir un volume quotidien affiché à 40 M$, alors que la blockchain ne compte même pas 50 adresses actives uniques sur la journée. Tout le volume est brassé à huis clos dans les bases de données internes des CEX.

TickerÉtat du devBastion de liquiditéMécanique de marché
SNT (Status)Commits anémiques, pivot stratégiqueBinance, UpbitPumps ciblés en session asiatique, essorage de liquidité
XVG (Verge)À l'abandon, rares forksBinance, Gate.ioShort squeezes à répétition sur fond de float minuscule
FTT (FTX Token)Projet en liquidationKuCoin, Binance (Spot/Futures)Spéculation pure sur les remboursments du bankruptcy court
ELF (aelf)Repo de façadeBithumb, OKXManipulations locales drivées par des MM bots sud-coréens
BTS (BitShares)Dev стоппéPoloniex, Gate.ioGrilles d'algo qui tournent à vide sur une liquidité résiduelle

Prenez le cas de Verge (XVG). Un meme token cuvée 2017 qui a ramassé plusieurs attaques à 51% et des leaks du code source. L'équipe d'origine s'est volatilisée. Pourtant, XVG continue d'envoyer des god candles à +300% en 48 heures. Comment c'est possible ? Le market maker rachete en douce entre 70% et 80% du circulating supply sur les plus bas, quand le carnet est totalement désert. La phase d'accumulation se fait en sous-marin, via des ordres limit découpés au scalpel pendant plusieurs mois. Ensuite, place au pump : le MM envoie quelques gros buy market qui arrosent l'ask, dessinant une bougie verte verticale sur le chart.

Les bots de screening réagissent instantanément à ce Volume Surge. Le retail se précipite tête baissée, rejoint par les bots de liquidation des shorters. Le MM commence alors à dump sa position accumulée directement dans le FOMO des acheteurs qui arrivent en retard.

Shorter ce genre de token est encore plus suicidaire que d'en acheter.

Le moindre levier supérieur à 3x, c'est la liquidation garantie. Comme le token est sous le contrôle quasi total d'un MM ou d'un consortium de fonds quantitatifs, l'exposition des shorts sur l'exchange est surveillée en temps réel via l'Open Interest. Si le montant total des shorts dépasse le seuil de tolérance du risk management du MM, il lui suffit d'envoyer une mèche à +50% ou +100% pour cramer les bears et déclencher une cascade de liquidations qui servira de carburant pour monter encore plus haut.

Pour extraire du PnL sur ces tokens morts-vivants, les traders d'EXMON appliquent un setup très précis :

  • Monitoring des order books spot. Repérer les phases de calme plat avec un spread anormalement serré alors qu'il n'y a strictement aucune news.
  • Vérification On-chain. Guetter les mouvements entre les wallets de la fondation/MM et les adresses de dépôt des CEX. Quand de gros paquets de tokens bougent vers un exchange, le mouvement est imminent.
  • Oublier les indicateurs classiques. Le RSI, le MACD ou les moyennes mobiles ne servent à rien face à des algos de manipulation. Seuls le VSA (Volume Spread Analysis) et la profondeur du carnet (DOM) font foi.
  • Take-Profit en échelle. Entrer uniquement sur les zones d'accumulation, sortir dès la première grosse bougie d'impulsion. On ne reste pas à espérer un improbable "retournement fondamental".

La réalité est sans appel : les zombie tokens ne sont qu'une machine à siphonner le capital du retail naïf au profit des desks d'algo-trading. On peut tenter de rider la vague, mais hold ce genre d'actif à terme, c'est envoyer son wallet au casse-pipe.

Décortiquons un peu la mécanique en coulisses entre market makers et exchanges. Rare sont les traders qui pigent vraiment pourquoi des tokens avec un Github au point mort depuis des années ne se font jamais délister.

Le secret réside dans les Liquidity Provision Agreements (LPA), en gros les contrats de fourniture de liquidité.

Quand un projet périclite, il lui reste souvent de la trésorerie en stables ou en tokens natifs. Le market maker signe alors un deal où il récupère une option pour acheter ces tokens à un prix fixe (bien sous le cours du marché), agrémentée d'un retainer fee mensuel juste pour simuler du volume. Le job du MM ? Maintenir un spread serré entre 0,2 % et 0,5 % et remplir l'orderbook avec au moins 10 000 $ à 50 000 $ d'ordres de chaque côté.

Et si la trésorerie du projet est complètement à sec, c'est l'exchange lui-même qui prend le relais. La plateforme a tout intérêt à faire tourner les frais et à encaisser le funding sur les contrats perpétuels (Perpetual Swaps).

Un délisting, c'est du volume en moins sur le papier. Les exchanges montent donc leurs propres desks internes ou recrutent des providers externes sous statut VIP9+ avec des frais maker négatifs (Maker Rebates). Le MM est littéralement payé pour faire faire du wash trading à ses propres bots.

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Voici un autopsie de vrais projets zombies : l'idée d'origine est enterrée depuis bel lurette, mais ça continue de pump & dump sous l'action des algo-bots.

  • LUNC (Terra Classic) - Le macchabée ultime de l'écosystème Do Kwon. Le réseau ne tourne plus que grâce à une poignée de validateurs nostalgiques, le fondamental est au niveau zéro. En revanche, le token conserve une commu retail massive et un intérêt gigantesque sur le levier. Pour les market makers, c'est un pur jouet de spéculation : la moindre rumeur de « token burn » déclenche une mèche de +40 % à +70 %, suivie d'un dump immédiat pour revenir au point de départ.
  • OMG (OMG Network) - Autrefois un Layer-2 prometteur sur Ethereum porté par OmiseGO. Racheté, puis laissé à l'abandon. Aujourd'hui, les volumes tournent essentiellement via des Grid Bots qui canalisent le prix dans un range étroit pour rincer les traders de sideways en frais de transaction.
  • REV (Revain) - Une plateforme d'avis sur blockchain dont le trafic web est au point mort. Depuis des années, le graphique enchaîne des mèches verticales complètement absurdes suivies d'un retracement de 100 % en une minute chrono. La signature typique d'un algo qui va chasser la liquidité.
  • SRM (Serum) - L'écosystème DEX sur Solana biberonné à l'époque par FTX. Depuis la faillite de la maison-mère, le projet est officiellement mort et les clés d'admin ont été compromises. Ça n'empêche pas le contrat perps de SRM de déclencher des squeezes violents à cause de la liquidité ultra-faible du spot. Un pauvre ordre market de 20 000 $ peut faire bouger le cours de 5 %.
  • BTS (BitShares) - L'ancêtre de la DPoS imaginé par Dan Larimer. Larimer a déserté le navire il y a pratiquement dix ans et la tech est complètement obsolète. Le trading n'y est plus qu'un jeu de pure micro-structure géré par des bots HFT qui grattent des fractions de centimes sur le spread.
  • WTC (Waltonchain) - Le projet IoT sulfureux, tristement célèbre pour son faux giveaway sur X (Twitter) en 2018. L'équipe a disparu de la circulation, mais le token continue de tourner sur les exchanges histoire d'aller chasser les liquidations deux qui tentent de le shorter jusqu'à zéro.
  • NEBL (Neblio) - Un token de plateforme abandonné par ses devs. Les volumes ne tiennent plus qu'à des boucles de bots d'arbitrage opérant sur des exchanges de seconde zone.

L'anatomie du mouvement sur ces tokens est toujours strictement la même.

Vu qu'il n'y a plus aucun acheteur organique (personne ne va mettre du SRM ou du OMG en bag long-terme sur 5 ans), la moindre poussée vers le haut est un Trap (un piège). Le market maker a juste besoin de trouver de la contrepartie pour dump la position qu'il a accumulée tout au fond du trou.

Pour ça, il déroule le schéma classique du Pump & Dump, remis au goût du jour pour les algorithmes institutionnels.

Phase 1 : Accumulation (Range / Consolidation)
[Le MM rachete discrètement via des limit orders dans une zone à faible volatilité]
  │
  ▼
Phase 2 : Impulsion (Trigger)
[Un gros ordre market casse la résistance → Les stop-loss des shorters sautent]
  │
  ▼
Phase 3 : FOMO Retail (Rallye)
[Les screeners hurlent au +50% → Les particuliers rentrent comme des brutes au market]
  │
  ▼
Phase 4 : Distribution (Dump)
[Le MM vend sa position face aux ordres limite et market des acheteurs retardataires]
  │
  ▼
Phase 5 : Retour à la moyenne (Mean Reversion)
[Le cours retombe plus bas qu'au départ → Les buyers coincés coupent en perte]
    

L'erreur monumentale à ne surtout pas faire sur ce genre d'actif, c'est de vouloir renvoyer de la taille (average down) face à la poussée du MM. Si vous tentez un short sur LUNC dès la première bougie verte alors que le market maker a prévu un budget pour pousser le prix de +200 %, votre wallet sera cramé bien avant que le token ne retrouve sa valeur fondamentale.

La logique de l'algo d'un MM n'a absolument rien à voir avec l'analyse technique. Il n'en a rien à faire de vos retracements de Fibonacci ou d'un RSI en surachat.

Tout ce que l'algo regarde, c'est la carte thermique des liquidations (Heatmap) sur son terminal. S'il y a 2 millions de dollars de stops de shorters entassés à 0,05 $ et qu'absorber l'orderbook jusque-là ne coûte que 300 000 $, le bot va faire sauter le niveau en trois secondes chrono.

Attaquons la question fondamentale : où les market makers (MM) vont-ils pécher leur liquidité pour faire tourner leurs manèges alors que le retail gagne en maturité et que le marché s'assèche ?

La réponse tient en deux mots : bots d'arbitrage et pools de liquidité cross-exchange.

Contrairement à EXMON, la plupart des CEX de seconde zone ne verrouillent pas leurs propres MM internes sur des centaines de zombie tokens. À la place, ils se branchent à des agrégateurs de liquidité via des protocoles FIX et des API WebSocket. Un gros MM (type DWF Labs ou GSR) va streamer son order book simultanément sur 10 à 15 plateformes. Qu'un buy impulsif survienne sur un CEX, et les scripts d'arbitrage réalignent le spread dans la milliseconde sur tous les autres.

Résultat : l'illusion parfaite d'un projet « vivant partout ». En réalité, tout l'carnet d'ordres n'est que le miroir d'un seul et même noyau algorithmique hébergé quelque part.

Indicateurs de mort technique d'un projet

Avant de FOMO sur un asset de mid-cap, le pôle analyse d'EXMON vous conseille de passer le jeton à la moulinette de cette checklist sans concession. Si au moins trois des cinq critères sont au rouge, pas de doute : vous avez affaire à un zombie toxique.

  • L'On-chain Velocity frôle le zéro absolu. La Velocity mesure la vitesse de circulation des jetons (ratio entre volume de transactions on-chain et market cap). Si un jeton pèse 100M$ de market cap avec 30M$ de volume quotidien sur CEX, mais que seuls 10 000$ bougent réellement sur la blockchain en 24h, 99,9% du volume n'est que du wash trading généré par des bots sur CEX.
  • Les devs ont déserté les réseaux ou sont passés en autopilote. Les posts sur X (Twitter) se courent après une fois par mois, réduits à des formules toutes faites du style « We are building » sans le moindre lien vers un pull request GitHub.
  • Un déséquilibre flagrant des dépôts. Les wallets d'exchange ne reçoivent de gros stakels que depuis 2 ou 3 adresses (souvent la trésorerie du projet ou le wallet du MM lui-même), et aucun outflow vers des cold wallets utilisateurs n'a été observé depuis des mois.
  • Un Funding Rate complètement anormal sur les perps. Sur les contrats perpétuels, le funding plonge dans des extrêmes négatifs (ex: -0.75% toutes les 4h) et y reste scotché pendant des jours. Traduction : la foule s'est entassée en short, et le market maker accumule le spot pour préparer un short squeeze sanglant.
  • Un spread sur DEX 10 à 20 fois plus large que sur CEX. Sur Uniswap ou PancakeSwap, les pools de liquidité sont essorées : tenter un ordre d'achat de 5 000$ provoque un slippage catastrophique de 15%. Pendant ce temps, l'order book sur CEX affiche de fausses murailles d'ordres à 50 000$.

Voici un état des lieux synthétique de projets dont le dev est quasi mort ou réduit à des commits de façade, mais dont la volatilité reste artificiellement entretenue à des fins spéculatives.

Projet / TickerNarrative d'origineCause du décès techniqueMécanique de manipulation du MM
PPC (Peercoin)Premier hybride PoS/PoWPerte de parts de marché, codebase obsolèteMicro-HFT sur spreads ultra-serrés, farming de fee rebates
NMC (Namecoin)DNS décentraliséIncapable de scaler, déserté par les fondateursMèches artificielles pour nettoyer les carnets sur Poloniex/Gate
QTUM (Qtum)Fusion de Bitcoin et d'EthereumBilan carbone critiqué, balayé lors des wars Layer-1Impulsions d'achats ciblées sur les marchés asiatiques avant listings perps
XVG (Verge)Privacy coin ultra-anonymeFaille critique, attaques à 51%, guerres de forksSqueezes orchestrés via le rachat de 80% du float
GAS (Neo Gas)Jeton utilitaire de frais pour l'écosystème NeoEffondrement de la traction sur NeoSpikes agressifs calés sur les sessions de trading coréennes (Upbit)
STRAX (Stratis)Blockchain d'entreprise B2B basée sur C#Rebrandings successifs, migration de chain, fuite des clients corporatePumps purement spéculatifs au moindre annonce tokenomique
ARK (Ark)Interopérabilité inter-chainesÉclipsé par l'écosystème Cosmos (IBC) et PolkadotMaintien artificiel du prix dans des canaux étroits via grid bots
STEEM (Steem)Réseau social axé blockchainOPA hostile et controversée de Justin Sun, schisme vers le fork HiveCircular trading algorithmique totalement fermé

Ce qu'il faut en retenir concrètement : un zombie token n'est certainement pas un placement de type « buy the dip ». C'est un terrain de jeu exclusivement réservé au trading court terme.

La seule façon de les surfer est d'épouser le mouvement impulsé par la manipulation. Vous repérez une phase de compression majeure avec une volatilité écrasée sur ses plus bas historiques ? Posez vos alerte de breakout sur le volume. Dès que le bot se met à pousser le cours, entrez avec un stop ultra-serré et prenez vos profits dès la première bougie où le retail se met à FOMO-buy.

Ne cherchez pas à être plus malin qu'un market maker sur son propre terrain. Vous n'avez aucune idée de la taille de son portefeuille, ni de jusqu'où s'étend sa tolérance au risque.

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FAQ

Les projets abandonnés restent cotés car les plateformes CEX perçoivent des frais sur leurs volumes et les market makers exécutent des contrats Liquidity Provision Agreements (LPA) via des bots algorithmiques. Ces desks utilisent le wash trading, maintiennent un spread réduit dans le carnet d'ordres et captent les maker rebates de la plateforme, générant une liquidité artificielle malgré l'absence totale de commits GitHub ou d'activité on-chain.

Les market makers s'enrichissent en percevant des frais de rétention payés par la trésorerie du projet, des remises de trading et en orchestrant des vagues de pump-and-dump pour absorber la liquidité retail. Ils accumulent le circulating supply aux plus bas historiques via des ordres limit passifs, déclenchent des spiks de prix par des ordres market pour provoquer des liquidations en cascade de shorts, puis revendent leurs jetons dans le flux d'achats retail.

L'identification d'un token zombie repose sur la comparaison des métriques de développement Santiment avec la vélocité on-chain et le volume des exchanges par rapport au nombre d'adresses actives. Les signaux d'alerte incluent un slippage massif sur DEX contrastant avec un carnet d'ordres très dense sur CEX, un Funding Rate négatif persistant sur les contrats perpétuels et un volume concentré sur quelques clusters de portefeuilles interconnectés.
Astra EXMON

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